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Le tabou de l'énurésie

Pour ne pas vivre dans la crainte que leur pipi au lit soit découvert, les enfants et ados énurétiques réclament plus de compréhension et d'empathie.

Ce garcon ne veut pas qu page 001 4Le pipi au lit est souvent abordé sur le ton de la plaisanterie et de la dérision. Quand il est pris au sérieux il est apparenté à une carence éducative ou une maladie, mais pour la plupart des personnes cela reste un souci puéril conséquent à un laisser aller ou un manque d'amour propre voire d'une certaine paresse. Alors beaucoup émettent un jugement négatif  sur le "coupable" et sa famille.

Pourtant, pour beaucoup d’enfants, ce souci s'invite la nuit plus ou moins régulièrement. Ils se retrouvent trempés le matin, les obligeant à redouter ou refuser tous séjours collectifs (colonies de vacances, classes découvertes ...) et rendant les nuits dans la famille et hors du domicile un peu compliquées. Ils essuient sans broncher les remarques parfois désobligeantes et blessantes de la part de l’entourage « il fait encore pipi au lit à son âge ? » « Il a pas honte !!!, il ne peut pas se lever quand même ?».

Nous ne parlons pas ici de bébés ni d’enfants ayant un petit retard de "propreté" … Non, ils ont 8, 10, 12 ans ou parfois beaucoup plus à se mouiller, nuits après nuits sans n’y pouvoir rien. Beaucoup portent des couches la nuit garantissant un meilleur sommeil en limitant les tâches quotidiennes liées aux conséquences de leur souci.

Ce phénomène pour le moins dégradant et dévalorisant n’est pas rare car environ 500 000 petits français soit 10% des 6/10 ans font toujours pipi au lit et pour beaucoup bien plus tard encore. Parmi eux on compte de 70 à 80% de garçons, cela s’appelle l’énurésie qui peut durer depuis toujours ou apparaitre lors de certains évenements de la vie.

Les enfants redoutent que leurs camarades puissent être au courant et les parents, non moins honteux s’inquiètent en attendant le jour ou cela voudra bien cesser. Alors, en attendant, on n'en parle pas, on maintient le secret.

Ce dont ces enfants ont le plus besoin, autre que d’arrêter de faire pipi au lit, c’est que leur souci soit mieux compris et que l'on fasse preuve de beaucoup d’empathie à leur égard, qu’on prenne leur détresse au sérieux et que l’on n’en rigole pas afin qu’ils puissent, eux même et leur famille, être assurés d'une parfaite compréhension et de ne pas craindre d’être jugés ni moqués par l'entourage. Leur confiance en soi et leur estime personnelle est en jeu.

Lever le tabou qui pèse sur l’énurésie est la meilleure chose que l’on puisse leur offrir.

                              Jacques PROVOT

                              Président fondateur de l’association de familles d’enfants énurétiques « A L’AISE ».